Plan de cours

PHI 850 –Thèmes et problèmes en philosophie

Éthique animale

Plan de cours – Hiver 2012
19 h 00 à 22 h 00, Sherbrooke (A1-102-6); Longueuil (L1-2635) – vidéoconférence


Enseignant 
: Valéry Giroux
Téléphone : (514) 843-8256
Courriel : valery.giroux@umontreal.ca


Objectif

Ces dernières années, la responsabilité morale des hommes à l’égard des animaux pris individuellement s’est imposée comme une question de société incontournable et s’est constituée, dans le milieu universitaire, en un domaine de recherche dynamique et fécond. Au sein de l’éthique appliquée, cette jeune discipline qu’est l’éthique animale a pris une importance indiscutable dans le monde anglophone et connaît enfin un essor dans le monde francophone.

Contre l’anthropocentrisme et l’humanisme, qui réservent la considération morale aux êtres humains exclusivement, certains auteurs estiment que nous avons des obligations directes envers les êtres sensibles nonhumains et revendiquent une amélioration du traitement réservé aux animaux que nous utilisons pour nos fins. Plus audacieux, d’autres jugent que ceux qui, parmi les animaux nonhumains, possèdent des capacités cognitives complexes devraient bénéficier de droits inviolables. Enfin, certains auteurs vont jusqu’à remettre en question le recours au critère de la rationalité ou d’autres capacités cognitives sophistiquées typiquement humaines, lorsqu’il s’agit de déterminer qui devrait être inclus dans les communautés morale et juridique. Ils nous invitent à revisiter les fondements de la valeur morale des individus et leurs arguments nous obligent à examiner les règles qui entourent l’octroi des droits les plus fondamentaux, afin de vérifier s’il est moralement légitime de discriminer entre les animaux sensibles en fonction de l’espèce à laquelle ils appartiennent, lorsqu’il s’agit d’accorder aux différents individus les protections les plus importantes.

L’objectif de ce séminaire est d’explorer les principaux aspects des discussions qui constituent l’éthique animale. Au cours des 15 séances qui nous sont allouées, nous nous pencherons sur différentes approches permettant de penser notre responsabilité morale envers les animaux nonhumains, sur les problèmes soulevés par celles-ci ainsi que sur les conclusions pratiques tirées par certains auteurs en éthique animale.


Objectif Spécifique

Plus précisément, l’objectif est de saisir les grands enjeux moraux entourant nos rapports avec les animaux nonhumains de même que les positions adoptées par les principaux auteurs s’étant penchés sur ces enjeux. Il s’agira également de connaître les arguments invoqués de part et d’autre du débat portant sur l’opportunité d’accorder des droits aux animaux et d’évaluer leurs forces et leurs faiblesses respectives. Ce séminaire sera aussi l’occasion de réfléchir aux implications pratiques et aux différentes stratégies pouvant être employées pour améliorer le sort des animaux nonhumains, selon l’approche philosophique privilégiée.

Le séminaire sera axé sur l’étude et la discussion des textes qui font partie du corpus de base composé de lectures obligatoires sélectionnées en fonction des thèmes associés à chacune des séances. Plusieurs rencontres seront partiellement consacrées à l’exposé oral (environ 45-50 min.) préparé par des participants sur le thème à l’ordre du jour. Ces présentations mèneront à une discussion de groupe portant sur les points saillants, discutables ou nébuleux des textes à l’étude. Ces exposés constitueront la base d’un texte écrit tenant compte des commentaires ou objections formulés en classe au cours de la discussion ayant suivi la présentation, à remettre vers la fin de la session. Les étudiants disposeront d’une bibliographie complémentaire qui les aidera à approfondir leurs connaissances et à préparer leur présentation orale et écrite.


Contenu

Afin d’atteindre les objectifs annoncés et à moins que nos lectures et discussions nous incitent à choisir d’autres avenues, nous procèderons de la façon suivante :

Nous commencerons par une séance dédiée à la philosophie morale afin de mieux situer l’éthique animale dans le paysage philosophique. Nous nous attarderons ensuite quelque peu sur l’approche traditionnelle limitant notre responsabilité à l’endroit des animaux à des devoirs indirects, de même qu’aux auteurs qui, les premiers, se sont éloignés de cette humanocentrisme pour revendiquer un plus grand respect des êtres sensibles. Nous enchaînerons avec une étude des deux principales approches contemporaines en éthique animale, soit le conséquentialisme de Peter Singer et la théorie des droits des animaux de Tom Regan. Nous poursuivrons avec l’étude de la position « sentientiste » de Gary L. Francione et des critiques que l’auteur adresse à la position de Singer et à celle de Regan. Nous terminerons la première partie du cours par une séance vouée à l’examen de la proposition de Paola Cavalieri visant à octroyer les droits les plus fondamentaux de la personne à tous les êtres subjectivement conscients, de même qu’à une séance portant sur le statut des animaux et sur les objections humanistes à la création de la personnalité animale.

Au retour de la semaine de relâche, nous étudierons les principales objections adressées aux défenseurs des animaux. Plus précisément, nous nous pencherons sur l’argument de Raymond G. Frey selon lequel les animaux, parce qu’ils ne possèdent pas de langage, ne peuvent avoir d’intérêts. Nous étudierons également l’argument de Peter Carruthers, voulant que la douleur des animaux nonhumains soit possiblement toujours inconsciente. Nous passerons ensuite aux théories alternatives en nous intéressant d’abord à l’approche par les capacités de Martha Nussbaum. Nous poserons ensuite notre regard sur les théories qui rompent avec la tradition libérale. L’éthique de la sollicitude retiendra notre attention et nous permettra notamment d’envisager les implications d’une approche accordant un droit à la vie à tous les êtres sensibles sur la question de l’avortement. Certaines théories environnementalistes ou holistiques seront finalement l’objet de notre étude et nous offriront l’occasion de réfléchir, entre autres, à la responsabilité morale des êtres humains à l’égard des proies dans la nature.

Enfin, nous explorerons ensemble les considérations pragmatiques entourant la mise en œuvre des théories favorables aux animaux nonhumains. Nous plongerons d’abord dans le débat portant sur les stratégies à adopter pour améliorer le plus efficacement possible le sort des animaux et nous discuterons ensuite les conséquences pratiques d’un plus grand respect des autres animaux sur le plan collectif (et politique) d’une part, et sur le plan individuel d’autre part.

Planification du cours

Dates Description du contenu
9 janvier La philosophie morale et l’éthique animale
16 janvier L’approche traditionnelle et les fondements historiques de l’éthique animale
23 janvier La sensibilité nonhumaine
29 janvier L’utilitarisme des préférences de Peter Singer
6 février La théorie des droits des animaux de Tom Regan
13 février Le « sentientisme » de Gary L. Francione
20 février Les droits légaux fondamentaux des animaux
27 février La personnalité juridique nonhumaine et les implications politiques des droits des animaux
Semaine de relâche
12 mars La possession d’intérêts et le langage ou l’approche par les capacités
19 mars Le contractualisme
26 mars L’éthique de la sollicitude et la question de l’avortement
2 avril L’approche holistique et l’éthique animale
9 avril Congé de Pâques
16 avril Éthique animale et esclavage humain
23 avril Les stratégies: welfaristes/abolitionnistes

Modalités de l’évaluation du cours

1)    20 % de la note finale sera réservée aux commentaires de textes préparés en vue de chacune des séances et à la participation en classe.

2)    35 % de la note finale dépendra de l’exposé oral de 45-50 minutes. Le plan de cet exposé, assorti d’une bibliographie sommaire, devra préalablement être soumis par écrit et approuvé par la chargée de cours.

3)    La version écrite de cet exposé comptera pour 45 % de l’évaluation.

 

Critères d’évaluation

Commentaires de textes :

–       une bonne compréhension des textes;
–       l’identification des forces et des faiblesses des arguments;
–       l’analyse critique et la situation des textes dans l’ensemble de la discipline.
* Il est à noter que l’objectif ici est simplement d’encourager la lecture assidue des articles et que l’évaluation des commentaires de textes sera donc indulgente.


Participation
 :

–       présence en classe;
–       fréquence et pertinence des interventions.

Exposé oral :

– la pertinence eu égard au corpus de base;
– l’utilisation des textes issus de la bibliographie complémentaire;
– le degré de problématisation et d’articulation (par opposition à une simple présentation des textes de référence);
– la clarté, la précision et la rigueur de l’argumentation.


Dissertation écrite 
:
Seront repris les critères utilisés pour évaluer l’exposé oral. À ceux-ci seront ajoutés les suivants :
– la capacité à tenir compte des commentaires, des critiques, voire des objections qui auront été formulés lors de la présentation orale;
– les qualités formelles du texte : la structure, la qualité de l’expression écrite, les références bibliographiques adéquates, etc..

Politiques et règlements

  1. Conformément à la politique départementale de la qualité de la langue qui s’inscrit dans le cadre de l’article 11 du Règlement facultaire d’évaluation des apprentissages, une valeur pouvant aller jusqu’à 10 % d’une note pour un travail peut être réservée à l’appréciation de la qualité de la langue.
  2. Conformément à l’article 8.1.2b du Règlement des études, toute forme de plagiat sera sanctionnée.
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